La RDC, résolument engagée dans la relance du secteur agricole

La République Démocratique du Congo a procédé au lancement officiel du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA) les 07 et 08 juin 2010 à Kinshasa, avec l’appui du Comesa (Marché Commun des Etats d’Afrique de l’Est et Australe). Par la suite, la Table ronde pour la signature de la Charte a été organisée les 17 mars 2011 à Kinshasa en présence des autorités gouvernementales, de la Commissaire de l’Union africaine en charge de l’Economie rurale et de l’agriculture, du Secrétaire Général Adjoint du Comesa, des Représentants du Nepad, du FARA, de l’IFPRI, du Re-SAKSS, ainsi que des délégués des partenaires techniques et financiers, du secteur privé, des organisations de la Société civile et des Organisations des producteurs agricoles.

L’organisation de cette Table ronde a permis au ministère de l’Agriculture et du Développement rural, en concertation avec toutes les parties prenantes, d’entamer le processus de formulation du Plan National d’Investissement Agricole (PNIA).

Cette formulation s’est déroulée dans le cadre d’une approche participative qui a impliqué l’ensemble des parties prenantes. Sa préparation a bénéficié des contributions des PTF intervenant dans le secteur agricole, des principaux responsables centraux et provinciaux du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, des conseillers à la Présidence de la République et à la Primature, ainsi que des représentants  des Organisations paysannes, des représentants des opérateurs économiques et des Organisations de la Société civile intervenant dans le secteur agricole.

Son contexte

En RDC, le secteur agricole congolais est confronté à de nombreuses contraintes d’ordre technique, économique et institutionnel, qui entravent son développement depuis plus d’une décennie. Le secteur possède néanmoins un potentiel considérable et offre des opportunités tout à fait remarquables, notamment:

– des conditions climatiques et écologiques très favorables aux activités agricoles ;

– une grande disponibilité en terres agricoles avec environ 75 000 000 d’hectares;

– un marché potentiel de plus de 100 millions d’habitants en considérant les régions urbaines du pays et les pays voisins représentent un marché, en voie d’urbanisation rapide;

– un mouvement associatif en émergence et en expansion dans l’ensemble du pays; et

– un regain d’intérêt manifesté par les autorités congolaises et ses partenaires pour le secteur agricole et rural.

Cependant, avec un taux de 71,34% pour l’ensemble du pays, l’incidence de la pauvreté en RDC reste très élevée en comparaison de celle des autres pays de l’Afrique centrale. Dans le même temps, la situation nutritionnelle est critique. Le retard de croissance ou malnutrition chronique, touche 43% d’enfants de moins de cinq ans.

L’insuffisance pondérale quant à elle, touche un enfant sur quatre, soit 24%. En terme de chiffre absolu, ces prévalences se traduisent par plus d’un million d’enfants affectés par la malnutrition aiguë qu’il faut prendre en charge et par plus de six millions d’enfants congolais souffrant d’un retard de croissance.

A propos de ce Plan National d’Investissement Agricole (PNIA) de la RDC, il est le cadre national de planification des fonds nationaux et extérieurs pour le secteur de l’agriculture et du développement rural. Il prend en compte les besoins, les acquis, les gaps à rechercher pour l’investissement et le fonctionnement du secteur sur un horizon de huit ans (2013 – 2020). Il fédère l’ensemble des programmes et projets en cours et en perspective dans le secteur, et est structuré en cinq programmes dont la promotion des filières agricoles et de l’agri business, la gestion de la sécurité alimentaire et nutritionnelle et des réserves stratégiques ; de recherche, vulgarisation et enseignement agricoles ; la gouvernance agricole, genre et renforcement des capacités humaines et institutionnelles et enfin, l’adaptation aux changements climatiques.

Il est aussi doté de 18 sous-programmes et 66 composantes. Le coût global de sa mise en œuvre pour la période 2013-2020 s’élève à 5.730.800.000 d’USD.

Mais, dans un contexte d’insuffisance des ressources et d’accroissement des besoins, Tout doit être mis en œuvre pour harmoniser l’ensemble des futures interventions dans le secteur agricole et rural en vue d’en améliorer la pertinence, l’efficience et l’efficacité.

Sur le plan opérationnel, par exemple, cette harmonisation peut être obtenue grâce à l’alignement de chaque nouveau programme ou projet sur l’architecture générale du PNIA. Toutes les nouvelles interventions contribueront ainsi à atteindre les objectifs sectoriels et permettront d’avoir un impact plus significatif sur la croissance agricole, la réduction de la pauvreté, la lutte contre la malnutrition et la souveraineté alimentaire de la République Démocratique du Congo.

Cette démarche suppose l’utilisation d’un cadre logique normalisé de manière à ce que chaque projet soit une déclinaison thématique et/ou géographique du PNIA, afin de réduire la dispersion des différentes formes d’intervention. Les indicateurs utilisés pour la formulation des interventions devront également être analogues à ceux mentionnés dans le PNIA.

Le choix des modalités et des mécanismes de financement devra être soigneusement évalué. Dans un premier temps, l’alignement sur les priorités nationales telles que définies dans le PNIA et les PPIA doit primer sur l’alignement sur les procédures nationales ; la principale modalité de mise en œuvre des actions pré identifiées dans les composantes du PNIA sera donc une approche projet. La gestion des financements entrant dans le cadre de projets restera spécifique aux procédures de chaque partenaire. Toutefois, l’harmonisation des conditions de mise en œuvre, des objectifs poursuivis ou des codes de financement sera systématiquement développée.

Cette approche permettra de disposer de cadres d’intervention de plus en plus sécurisants, indispensables aux partenaires avant de pouvoir envisager l’adoption de modalités communes de financement. La mise en œuvre d’une aide budgétaire ne pourra être envisagée que progressivement et dépendra, notamment, de la capacité de gestion de la chaîne de dépenses publiques.

Par ailleurs, sur le plan budgétaire, le Plan national d’investissement agricole 2013 – 2020 permettra le cadrage des dépenses à moyen terme afin de donner aux programmes inscrits dans le PNIA une visibilité dans la durée.

A propos particulièrement du suivi et de l’évaluation du PNIA, ils doivent être réalisés dans un cadre global cohérent pour mesurer non seulement les performances des projets et programmes exécutés sur le terrain auprès des populations rurales, mais également pour évaluer les performances générales du secteur agricole et rural.

La diffusion et le partage des informations au niveau national et provincial ainsi que la production d’outils d’aide à la décision permettront d’alimenter une démarche participative d’amélioration continue de la mise en œuvre du PNIA et des PPIA. Il conviendra par conséquent d’associer aux services de l’Etat les principaux acteurs impliqués dans le développement du secteur.

Il y a donc de grands défis à relever. Les principaux acteurs doivent ainsi s’accorder sur  la sécurisation et la modernisation des systèmes de production agricole pour améliorer durablement la productivité des filières, par un meilleur accès aux facteurs de production, aux marchés et par l’amélioration de l’environnement juridique et de la gouvernance.

Des efforts considérables doivent aussi être orientés pour combattre la malnutrition et l’insécurité alimentaire et réduire significativement le niveau de pauvreté de la population rurale et mobiliser, coûte que coûte, des investissements conséquents pour permettre à tous les acteurs du secteur agricole de jouer pleinement leurs rôles dans la modernisation du pays, étant entendu que le Plan national d’investissement agricole (PNIA) servira désormais de cadre fédérateur de toutes les actions de développement agricole et rural, gage du bien-être social. 

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