Conseil supérieur de la magistrature : Bruno Tshibala a assisté à la 5ème session extraordinaire de l’Assemblée générale

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Le chef du gouvernement, Bruno Tshibala a représenté le Président de la République, Joseph Kabila, à l’ouverture de l’Assemblée générale du Conseil Supérieur de la Magistrature, le 18 octobre, à la Cour Suprême de Justice, dans la grande salle « Marcel LIHAU EBUA ». Invité à prendre la parole à ces assises, le ministre d’État et ministre de la justice, Alexis Thambwe Muamba a dressé un tableau sombre de l’administration de la justice par des magistrats censés faire appliquer la loi, ce, en illustrant certains cas flagrants. Il a notamment rappelé les états généraux de la justice qu’il avait lui-même dirigé, lesquels avaient formulé des recommandations visant la correction des maux qui rongent le bon fonctionnement de la justice. Thambwe Muamba a en outre fait une étude comparative de l’administration de la justice durant les quatre dernières décennies, en établissant un grand fossé existant entre la cette dernière période et le présent. Véritable moment de recul. Sans complaisance, il a énuméré une longue liste de maux qui rongent l’appareil judiciaire national. Entre autres le refus de certains magistrats de rejoindre leur lieu d’affection dans l’arrière-pays ; la lenteur dans l’administration de la justice créée par des magistrats dans le seul but d’être abordés par les parties aux procès ; la corruption déguisée à travers les mauvaises pratiques de Visa, 3V (Villa, Voiture, Veste)… Il a fustigé les instruments d’intimidation auxquels certains magistrats recourent parmi lesquels des arrestations et détentions. Illustrant son propos, il a parlé des cas des centaines de personnes qui sont détenues sans procès ni condamnation. Par exemple, il a relevé l’arrêt d’une cour d’appel qui a condamné deux fois une entreprise de télécommunication au paiement de très fortes sommes d’argent, une affaire dans laquelle deux requêtes étaient déposées par deux différents plaignants. Pour lui, les décisions de la justice actuelle sont loin d’être objectives. Pour clore son propos, il a plaidé pour la mise en place des infrastructures de base qui vont permettre aux magistrats de bénéficier d’un traitement digne avant d’inviter les magistrats à l’objectivité qui doit caractériser l’appareil judiciaire.
Quant à Bénoit Lwamba, président du Conseil Supérieur de la Magistrature, il a rendu hommage au Président de la République, notamment pour avoir concrétisé ses promesses à travers les réformes de la justice, opérées depuis 2012, dont l’éclatement de la Cour suprême de justice en trois juridictions : Conseil d’Etat, Cour de cassation, Cour constitutionnelle. Il a principalement axé son discours autour des difficultés en rapport avec le budget de fonctionnement de ces cours et leurs tribunaux rattachés qui, du reste, fonctionnent séparément. Benoit Lwamba a indiqué qu’il n’est pas digne pour une institution ayant un pouvoir indépendant de procéder par des menaces de grève ou d’exercer son pouvoir par des jérémiades. Le président du Conseil supérieur de la magistrature en a profité pour donner quelques orientations à l’attention des commissions mises en place, notamment la commission de discipline, sur le cas des magistrats bénéficiaires des statuts de faveur et cumul des grades. Il l’a fait aussi pour la commission des finances et budget, sur la liquidation du barème salarial et trois mois d’arriérés de salaire. Par ailleurs, il a insisté sur le fait que ladite commission doit aider le conseil à maitriser l’effectif réel et la mise en place d’une équipe permanente de suivi. Plusieurs personnalités parmi lesquelles des ambassadeurs, membres du gouvernement, juges et magistrats des hautes instances judiciaires du pays, ont pris part à cette cérémonie qui va durer sept jours.