Lutte contre le paludisme : le chef du gouvernement lance la mobilisation des fonds

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Le Premier ministre, Bruno Tshibala Nzenzhe a lancé, le 10 octobre 2017, un appel humanitaire à la générosité à l’endroit des acteurs publics et privés et aux partenaires bilatéraux et multilatéraux de la RDC pour lutter contre le paludisme. Il l’a fait lors de la table-ronde nationale de mobilisation des ressources en faveur de la lutte contre le paludisme, organisé à Kempinski Hôtel. « Comme vous le savez, cette maladie a des effets dévastateurs dans notre pays. Elle provoque un véritable massacre des masses en étant l’acteur principal à 77 % des décès des enfants de moins de cinq ans », a-t-il indiqué. Pour Bruno Tshibala, le paludisme demeure l’ennemi n°1 de la RDC qu’il faut combattre. Il a rassuré que le gouvernement, à travers le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), a élaboré un plan stratégique national couvrant la période 2016-2020. Ce plan stratégique vise à atteindre entre autres objectifs, la protection d’au moins 80 millions de personnes d’ici 2020 et le dépistage d’environ 80 millions des cas suspects de paludisme, en traitant 100 % de personnes affectées par la même maladie. Le chef de l’exécutif en a profité pour remercier le président de la République, Joseph Kabila et l’ensemble du gouvernement pour la contribution à la lutte.

Selon Joris Losimba Likwela, directeur national du Programme national de la lutte contre le paludisme (PNLP), le paludisme continue à être un problème majeur de santé publique pour la RDC parce qu’avec environ 9 à 10 % de la charge de morbidité et de mortalité dans le monde, juste après le Nigeria, la RDC est l’un des pays très affectés. Ce qui est intéressant à noter, a-t-il dit, il existe des moyens pour se prévenir et pour prendre en charge des cas de paludisme. « Le gouvernement de la République, avec la contribution de ses partenaires, a réussi à déployer des appuis pour 516 zones de santé du pays. On a déployé des tests rapides dans les centres de santé, des médicaments pour le traitement de paludisme simple et grave. Notre ambition c’est de déployer davantage ces interventions pour aller vers aussi bien les populations isolées que vers les populations qui utilisent les officines des secteurs publics », a-t-il indiqué, avant d’ajouter que « Lorsque quelqu’un est malade, notre souci est de le voir, dès les premières heures de sa maladie, se faire tester et recevoir un traitement efficace ». Selon Joris Losimba, il faudrait aussi que les ménages apprennent à entretenir leurs cours lorsqu’il y a des eaux stagnantes pour éviter la multiplication des moustiques. Toutefois, il a reconnu qu’il y a des avancées majeures. « Ce qu’il faut noter, bien que la maladie continue à faire plusieurs millions de cas chaque année, les évaluations de l’OMS indiquent que globalement sur les cinq dernières années, il y a une réduction du nombre de cas qui est passé de 28 millions en 2010 à 19 millions en 2015. En termes de décès, on est passé de 80 000 en 2010 à 42 000 décès en 2015 ». D’après Joris Losimba, ces avancées ont amené les leaders africains, les chefs d’Etat des 49 pays africains, réunis à Addis-Abeba en janvier 2017, à décerner un prix d’excellence au président de la République, Joseph Kabila. « Ça nous encourage d’aller de l’avant pour consolider la lutte et faire davantage », a-t-il argué.

Koko Iguma, président du comité organisateur de la table-ronde, a indiqué qu’il était important de réunir des autorités publiques, des entreprises privées, des personnalités et des chefs des confessions religieuses pour la mobilisation. « Il fallait mettre tout le monde ensemble pour partager le paysage du problème de la lutte contre le paludisme et mettre en place des nouveaux mécanismes de traitement de la lutte contre cette maladie. Ici, le principe c’est de dire que nul n’est si riche pour tout donner et personne n’est si pauvre pour ne rien donner. Il faut mettre à contribution tout le monde, tous les Congolais doivent participer avec le peu ou avec beaucoup dans la lutte contre le paludisme », a-t-il expliqué. En outre, il a affirmé qu’il fallait avoir l’engagement de la part du gouvernement de continuer à payer les frais de contrepartie pour le financement. « Cela encourage ceux qui participent de l’extérieur du pays qui voient la volonté du gouvernement prendre l’engagement au plus haut niveau dans la lutte contre le paludisme. Quelques partenaires présents dans la salle ont signé l’engagement, à titre symbolique, qu’ils ont par la suite remis au ministre des affaires sociales », s’est-t-il réjoui.

Financement

A en croire Koko Iguma, le financement de la lutte contre le paludisme est actuellement évalué à 1,5 milliard pour une période de cinq ans. Les fonds déjà mobilisés sont de 4 00 millions de dollars et le Fonds Mondial a déjà avancé près de 4 00 millions de dollars. Il reste environ 5 00 millions de dollars. « Nous allons devoir explorer toutes les voies au niveau des écoles, des églises, des activités sportives et artistes musiciens qui peuvent contribuer à la réduction du gap que nous avons aujourd’hui. Les autres personnes peuvent proposer leurs services », a-t-il déclaré. « Le gouvernement prendra des mesures nécessaires sur le plan financier pour payer sa part », a rassuré le Premier ministre qui a conclu que l’ambition du gouvernement est de mettre fin au dévastateur paludisme à l’horizon 2030.