28 mesures économiques urgentes: Bruno Tshibala lance la vulgarisation

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Le Premier ministre, Bruno Tshibala Nzenzhe a lancé la campagne de vulgarisation des 28 mesures économiques urgentes visant l’amélioration de la collecte des recettes publiques de la RDC, le 03 octobre 2017. Cela s’est passé lors d’une conférence de presse qu’il a animée au jardin des Premiers. Avant de se livrer au jeu des questions et réponses, le chef du gouvernement a expliqué aux journalistes la quintessence des mesures à vulgariser. « Plusieurs mois avant la mise en place du gouvernement d’union nationale au mois de mai dernier, Son Excellence Joseph Kabila Kabange, président de la République, chef de l’Etat, à qui je présente ici mes hommages les plus déférents, avait déjà créé un groupe spécial de travail au sein du gouvernement de la République appelé « Comité de pilotage des 28 mesures économiques », a-t-il rappelé avant de préciser que c’est lui-même le président de la République qui dirige ledit comité de pilotage composé de quelques ministres. Il est chargé d’étudier et de proposer des actions concrètes à entreprendre pour la mise en œuvre effective des 28 mesures économiques adoptées par le gouvernement en vue d’assurer la stabilisation, la relance et la diversification de l’économie nationale. D’après le Premier ministre, la nouvelle méthode consiste à étudier une à une les 28 mesures. Dans son propos, il a aussi demandé à toutes les catégories de Congolais de s’impliquer dans la campagne, particulièrement les fonctionnaires de l’Etat qui sont souvent impliqués dans la corruption.

Echange avec la presse

Plusieurs journalistes ont posé de questions au Premier ministre, parmi lesquels Louis d’Or Balekelayi, journaliste et Éditeur du Journal Pouvoir du Peuple ; Marcel Ngoyi Ngoyi Kiengi, Éditeur du journal La Prospérité, Anicet Yomboranyama, journaliste RTNC2, William Kalengayi, Editeur du journal GéoPolis, Léon Nembalemba, patron de Molière TV, Christian Lusakweno, propriétaire de la station de radio Top Congo FM et Monsieur Yula, Éditeur du journal Libre Débat.

Aux côtés du chef de l’exécutif, il y a eu quelques membres du gouvernement qui ont complété le Premier dans ses réponses. Entre autres ministres d’Etat il y a eu Jean-Lucien Busa du Commerce extérieur, Joseph Kapika de l’Economie, Bahati Lukwebo du Plan, Pierre Kangudia du budget et le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Deogratias Mutombo. Les questions ont porté notamment sur la stabilisation du taux de change, les préoccupations de la jeunesse, la mobilisation des recettes, l’embellie des cours…

Jeu des questions et réponses

Marcel Ngoyi a voulu en savoir sur le volume de l’augmentation des recettes de l’État et si la stabilité constatée n’est pas due à la rétention des recettes. En répondant à sa préoccupation, le chef du gouvernement a rassuré que la situation des finances publiques évolue bien par rapport à la période où il est arrivé à la tête du gouvernement. Dans son mot d’introduction, Bruno Tshibala a parlé des efforts que fournis par le gouvernement depuis qu’il est à la tête de celui-ci. Il a noté quelques effets positifs déjà produits par les mesures urgentes. « Il s’agit de la stabilisation du taux de change depuis plus de deux mois, des signes d’une légère augmentation du taux de change depuis plus de deux mois, des signes d’une légère augmentation des recettes publiques et des signes de réduction de la fraude à l’importation et à l’exportation », a-t-il déclaré.

Stabilisation de la monnaie nationale : le journaliste Louis d’Or Balekelayi a cherché des explications sur la stabilisation du taux d’échange du Franc congolais dont l’ambition était de ramener à 1 000 FC le dollar américain. Louis d’Or a aussi voulu savoir ce que le Premier ministre compte faire pour la jeunesse qui n’arrive pas à se marier à cause des dots de plus en plus colossales.

Concernant la stabilisation du Franc congolais, le chef du gouvernement a confirmé que la détermination du gouvernement est de ramener le taux de change à 1000 FC le dollar américain. « Nous allons y arriver, les efforts continuent. Nous allons arriver avec résolution et détermination à ramener le taux à 1 000 FC, voir à moins de mille. Le président de la République en tête, nous avons décidé de mener la guerre à l’empereur dollar », a-t-il expliqué. Pour ce qui est de la dot que la jeunesse trouve au-dessus de ses possibilités, Bruno Tshibala a indiqué que le gouvernement réserve à la jeunesse une part importante. La question de la jeunesse préoccupe le gouvernement, a-t-il affirmé. « Le taux de la dot dépend des coutumes. Mais, s’il est signalé que les parents exagèrent, avec le ministre de la justice et des affaires sociales mon gouvernement va chercher à voir de près la question », a-t-il déclaré avant de lancer l’appel aux parent pour qu’ils fassent en sorte que le célibat ne détruise pas l’avenir des jeunes.

Question d’Anicet Yomboranyama selon laquelle la signature aurait été retirée au Premier ministre en ce qui concerne les finances.

À cette question, le chef de l’exécutif a expliqué aux chevaliers de la plume que, chacun a ses attributions au sein du gouvernement. « Le premier ministre ne signe pas à la place des autres ministres », a-t-il affirmé. « Ce n’est pas le Premier ministre qui gère les finances. On parle de la chaine de dépenses dans laquelle le ministre du budget prépare, celui des finances ordonne et le gouverneur de la Banque centrale du Congo…. Dans le cadre de la division sociale du travail, le Premier ministre ne se mêle pas des attributions des autres », a-t-il dit. À ce sujet, Pierre Kangudia l’a complété en démentant l’information selon laquelle le Premier ministre n’a plus la « signature » avec lui.

Les élections : Deuxièmement, Anicet Yomboranyama a voulu en savoir sur le moment que le chef du gouvernement organisera les élections.

« Ce n’est pas le gouvernement qui organise les élections, mais la CENI », a précisé le Premier ministre tout en reconnaissant que la mission principale de son gouvernement est l’organisation des élections. Il a cependant expliqué qu’après la première réunion d’évaluation du processus électoral tenue à Kananga, la deuxième se tiendra incessamment et lors de celle-ci il sera fixé le calendrier électoral. Toutefois, Bruno Tshibala a rappelé les défis majeurs et les contraintes techniques, sans oublié le retard dû à la perturbation liée au phénomène Kamuina Nsapu, au Grand Kasaï.

Reprise des cours : William Kalengayi a fait au Premier ministre part de deux doutes quant à la reprise. Après la réponse du chef du gouvernement, Modeste Bahati l’a complété en expliquant que c’est tout à fait normal qu’il y ait des doutes. Pour lui, lorsqu’il y a dégradation de la situation, notamment la baisse des recettes, il est normal que les opérateurs économiques ne puissent pas revenir vite. Bahati Lukwebo a salué la reprise des cours, en demandant d’être un tout petit peu patients. En appui, le ministre du budget, Pierre Kangudia a rassuré que, concernant la mobilisation des recettes, la redevance minière est passée de 6 millions à 18 millions de dollars américains.

La lutte contre la corruption : quant à Christian Lusakweno, il a cherché à en avoir le cœur net sur la lutte contre la corruption. D’autre part, il a demandé au Premier ministre ce que le gouvernement fait pour la relance de la production et des investissements.

Le premier ministre a promis des sanctions exemplaires vis-à-vis de ceux qui vont verser dans la corruption et la concussion. « Je les prendrai et les enverrai à Luzumu », a-t-il menacé.

Diversification de l’économie

Répondant à la préoccupation liée à la diversification de l’économie, Jean-Lucien Busa s’est montré optimiste. Il a indiqué que certaines mesures prises pour gérer la conjoncture ont une incidence sur la structure. À l’en croire, les mesures prises aux niveaux des postes frontaliers pour limiter l’importation ont permis aux entreprises locales de renouer avec la bonne marche. Prenant la parole, Joseph Kapika a confirmé que toutes les mesures économiques portent des fruits. Il a mis un accent particulier sur la stabilisation du taux de change et des prix.

La préoccupation de Léon Nembalemba sur la réhabilitation des routes et les pauvres (babola).

Concernant les routes, le chef du gouvernement a expliqué que des travaux sont lancés un peu partout à travers la capitale. Le dernier chantier est celui de l’avenue Bokassa, lancé au début de la semaine en cours. Au sujet des pauvres, il a affirmé qu’il y a une politique du gouvernement pour s’occuper ceux qui ont moins des ressources. Au sein du gouvernement, c’est le ministre Serufuli qui s’occupe du social.

Des dossiers des contentieux évoqués par l’Editeur du journal libre Débat

Henri Yav Mulang, ministre des Finances, a en paraphrasant le chef du gouvernement, répondu à la préoccupation en rapport avec les contentieux au niveau des régies financières qui peuvent permettre aux caisses de l’Etat d’encaisser des recettes. Pour lui, ils ont instruit les régies financières là-dessus il y a deux mois. Il a par ailleurs précisé qu’il n’y a pas une semaine, 10 % des contentieux ont commencé à connaitre un dénouement. Selon le ministre, les nouveaux dossiers contentieux devront être traités dans un délai de trois mois, avant leur transfèrement à la justice.