Bruno Tshibala aux comités des jeunes : « Soyez unis et soudés autour de grandes valeurs »

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Environ mille jeunes Kinois de toutes les tendances ont été reçus au jardin des Premiers, à la Primature, par Bruno Tshibala, mardi 8 août 2017. Devant ses hôtes, le chef du gouvernement a développé une éloquente harangue à plusieurs temps forts. « Votre présence ce jour au jardin démontre que la jeunesse congolaise est débout, dans une ville vivante et non morte, pour écouter le Premier des ministres qui vient, derrière le chef de l’Etat, avec un programme ambitieux de redresser la situation et de remettre le Congo dans l’orbite des nations démocratiques et prospères », a, d’entrée de jeu, déclaré Bruno Tshibala. En personne qui connait ex professo manier la rhétorique et exercer ses prouesses oratoires, Bruno Tshibala a fait un tour d’horizon de la situation politique, économique, sécuritaire, parlant des élections, avant de chuter par des recommandations.

Tout a commencé par la salutation qu’il a adressée à ses visiteurs. «Jeunesse de la RDC bonjour », a lancé le chef de l’exécutif. « Je suis très honoré de vous recevoir ce jour dans ce jardin aménagé devant le bureau de Patrice Emery Lumumba que vous voyez en vitres. Il a été un jeune comme vous, malgré les charges qu’il a exercées. Il est mort sans atteindre 36 ans. Il doit être pour vous un exemple », a-t-il indiqué avant de faire un rappel historique. Parlant de la crise que le pays a traversée en 2016 dont l’organisation du dialogue de la Cité de l’Union Africaine et celui du centre interdiocésain, le chef du gouvernement a rappelé à la jeunesse toutes les étapes qui avaient conduit à sa nomination comme Premier ministre. Dans la foulée, il a demandé à l’assemblée d’observer une minute de silence en mémoire d’Etienne Tshisekedi.

En ce qui concerne l’arrangement particulier, Bruno Tshibala a expliqué à ses interlocuteurs que la médiation des Evêques qui avait permis de résoudre à 98 % les divergences des vues entre acteurs politiques, n’était pas arrivée à trouver des solutions à la question de la désignation du Premier ministre et de la personne qui devait remplacer Etienne Tshisekedi à la tête du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA). Enfin, a-t-il indiqué, le dévolu a été jeté sur lui, porte-parole du Rassemblement, comme Premier ministre, compte tenu de son profil, remplissant les critères de rassembleur, personne qui connait le pays et le paysage international… Il en a profité pour leur parler des actes qu’il a eu à poser aux côtés d’Etienne Tshisekedi, alors qu’il n’avait que 24 ans. Par exemple, il a expliqué qu’il traversait deux fois par semaine le fleuve Congo, à 2 heures du matin et dans une pirogue à pagaie, avec des documents séditieux comme les « tracts », dans la lutte qui consistait à faire tomber le président Mobutu. « Il n’y a pas que ça. Je ne vous révèle rien. Tout homme politique a sa plume, c’est-à-dire que c’est lui qui écrit et ‘’lui’’ signe, après avoir donné des orientations. Et celui qui a été aux côtés du Président Tshisekedi comme André Malraux a été aux côtés de De Gaule, c’est Bruno Tshibala », a-t-il évoqué en indiquant que c’est à lui que le président de l’UDPS avait fait appel en vue de diriger les travaux de Genval. « Un choix judicieux », a-t-il renchéri.

A la tête du gouvernement pour jouer un rôle

Par ailleurs, Bruno Tshibala a expliqué la raison pour laquelle il a été nommé à ta tête du gouvernement. Malgré le contexte économiquement difficile dans lequel il a pris les affaires en mains, il affirme être très déterminé pour relever les défis qui sont devant lui. « Il y a des problèmes et ceux-ci ne peuvent être résolus que par des hommes », a-t-il dit avant d’évoquer la richesse que regorge le Congo. « Lors de la création de l’Unité africaine, Kwame Nkrumah avait dit que le Congo, c’est la force de l’Afrique. Avec les richesses du sol et sous-sol du Congo, toute l’Afrique peut-être nourrie, y compris une partie de l’Europe », a-t-il précisé. Il a aussi été question de la sécurité dans le discours du Premier ministre. « Sans la sécurité, on ne peut pas résoudre les problèmes du pays », a-t-il déclaré en mettant un accent particulier sur l’organisation des élections qu’il considère comme priorité des priorités de son gouvernement. « Je n’ai pas l’habitude de me contredire, mais toujours me redire : nous allons organiser des élections. Selon l’organisation sociale du travail, le gouvernement finance le budget et c’est la CENI qui organise les élections. Le gouvernement Tshibala va doter la CENI de toutes les ressources nécessaires pour accomplir sa part du contrat », a-t-il rassuré.

Nous comptons énormément sur la jeunesse

« La jeunesse c’est la force principale d’un pays. Elle est la force du renouvellement. Nous, vieux, nous sommes appelés à partir aussi bien physiquement que politiquement. Mais, qu’est-ce qui reste ? C’est la jeunesse », a-t-il affirmé. À entendre Bruno Tshibala, il compte beaucoup sur la jeunesse parce que c’est elle qui va prendre la relève. « Nous sommes appelés à travailler ensemble, les vieux en terme d’encadrement et les jeunes en terme d’apports », a-t-il dit en reconnaissant que les jeunes ont des problèmes parmi lesquels celui lié au chômage. Pour le Premier ministre, il est inadmissible qu’après avoir formé des jeunes, qu’ils commencent à tourner les pouces. Le chef de l’exécutif les a rassuré en expliquant que le gouvernement s’engage à redresser l’économie et à finaliser beaucoup de projets qui constitueront leur aubaine concernant la quête du travail. « Comme vous avez suivi et vous suivez mes activités, je reçois presque tous les jours des investisseurs qui viennent frapper à la porte pour dire : nous avons des capitaux et nous voulons nous installer et investir au Congo », a-t-il renseigné.

Les recommandations

Avant de clore son propos, Tshibala Nzenzhe a prodigué des conseils à ses hôtes. Entre autres, il leur a dit d’être unis et soudés autour de grandes valeurs, de s’aimer les uns les autres, d’aimer le travail et le pays. « Evitez d’être guidés et manipulés par des prophètes de malheur, des égoïstes qui ne sont d’accord avec le pays que lorsqu’ils sont aux responsabilités. Quand ils ne sont pas aux responsabilités, c’est le déluge, tout va mal. Ils vont chercher des flèches, des machettes et consorts. Mais, c’est pour tuer qui ? Le peuple congolais ? », s’est-il interrogé.