Grogne à la SCTP, Bruno Tshibala s’implique dans la recherche de la solution

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Le Premier ministre, Bruno Tshibala a eu, mardi 4 juillet 2017, un long entretien avec une délégation de la Société des transports et ports (SCTP), l’ex-ONATRA, conduite par son directeur général ai, M. Lewis Banguka. Avec ses hôtes, Bruno Tshibala a passé en revue toute la situation de l’ex-ONATRA. « Nous sommes venus faire l’état des lieux de notre société avec le Premier ministre. Ce n’est pas un secret, il y a une grogne au sein de la SCTP et celle-ci est due au retard enregistré dans le paiement des salaires. Ça va faire sept mois d’ici le 20 juillet que les agents ne sont pas payés », a indiqué Lewis Banguka. Pour le Dg de la SCTP, ils étaient venus présenter la situation au chef du gouvernement et voir ensemble comment faire pour sortir de la crise. Et lui de rappeler que l’entreprise qu’il dirige a pour actionnaire principal l’Etat congolais. « Nous sommes venus auprès de l’actionnaire principal pour lui dire : « Voici nous avons des problèmes qu’il faille trouver des solutions», a-t-il confié. Pour sa part, Paul Kunga, président de l’intersyndicale de l’ex-ONATRA, a indiqué qu’ils ont saisi le Premier ministre étant donné que c’est lui qui a la gestion des affaires nationales. « Nous l’avons saisi par lettre et nous sommes contents d’avoir été reçus, écoutés et entendus. Nous avons deux gros problèmes. Le premier c’est la paix sociale qui est perturbée pendant sept mois. Le second, il s’agit de comment garantir la survie de l’entreprise, ce qui signifie la survie des travailleurs c’est-à-dire de ménages ». Pour Paul Kunga, le Premier ministre a suivi et va se mettre à suivre personnellement ce qu’ils ont écrit dans leur mémo, qui concerne le paiement des arriérés des salaires. Quant à Bruno Tshibala, il a prêté une grande attention aux doléances des cadres et agents de la SCTP. « Nous avons rencontré une oreille attentive du Premier ministre qui a écouté et qui a promis de nous accompagner », a expliqué Lewis Banguka.
De l’optimisme
A entendre le président de l’intersyndical de l’ex-ONATRA, leur entreprise n’est pas un canard boiteux, ni une entreprise pauvre. « La société produit, a produit hier et elle va encore produire demain. C’est question de redresser le système de gestion et de renforcer la capacité de recouvrement et se mettre ensemble avec les travailleurs, avec le gouvernement qui va nous accompagner désormais », estime-t-il. Optimiste, Paul Kunga pense que la SCTP va trouver des moyens de payer les arriérés de salaires et de relancer l’entreprise étant donné qu’ils ont des infrastructures enviées partout et un personnel hautement qualifié. « Voilà pourquoi nous sortons satisfaits de la rencontre avec le Premier ministre. Et comme sa porte n’est pas fermée, nous reviendrons chaque fois pour lui faire les rapports des commissions qu’il aura à mettre sur pied », a-t-il rassuré.
Par ailleurs, il a demandé aux travailleurs de croire parce que, a-t-il dit, l’intersyndical croit. « Nous n’avons pas caché au Premier ministre les souffrances de ménages », a-t-il indiqué. « Nous demandons qu’il y ait le suivi, la vigilance pour éviter que nous puissions perdre ce temps précieux que le Premier ministre nous a accordé ce jour et qui sera très long étant donné que nous avons une route très longue avec lui et avec les travailleurs. Restons dans le respect des consignes qui seront données chaque fois par l’intersyndical pour protéger l’entreprise », a-t-il conclu.
Faible rendement
Lewis Banguka a énuméré plusieurs raisons qui sont à la base des arriérés de salaires. Parmi ceux-ci figurent la diminution sensible du trafic aux ports maritimes. « Le port de Matadi qui avait l’habitude d’accueillir trente à trente-deux navires, aujourd’hui, se retrouve avec quatre ou cinq navires par mois. Difficilement, on atteint le chiffre de 10 millions de dollars des recettes par mois. Lorsque vous réalisiez des recettes de 10 millions de dollars, imaginez que vous tombiez à 2 millions de dollars. C’est donc normal que nous puissions nous retrouver dans cette situation  », déplore le Dg ai de l’ONATRA, avant d’évoquer le problème lié à la gestion de l’entreprise.
Les mécanismes de redressement de l’entreprise
Entre autres stratégies que le comité de gestion de l’ONATRA compte mettre en place pour le redressement de l’entreprise, le dg de la SCTP cite notamment le transport du ciment. « Il nous faut transporter du ciment non seulement par voie ferroviaire, mais aussi, par voie fluviale. Avec le transport du ciment nous allons remonter un peu le niveau de nos recettes», préconise-t-il. Par ailleurs, il explique qu’ils cherchent des organismes financiers qui peuvent aider l’entreprise à obtenir des moyens afin d’éponger partiellement le retard des paiements. « Lorsque nous serons relancés, nous allons en ce moment-là restituer tout ce que nous aurons pris », a-t-il ajouté.