Bruno Tshibala à Adama Dieng : « Les crimes du Kasaï ne resteront pas impunis »

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En séjour de travail en République Démocratique du Congo, Adama Dieng, Conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la prévention du génocide a rencontré ce vendredi, 23 juin 2017, le Premier ministre, Bruno Tshibala. Les deux personnalités ont évoqué la situation sécuritaire qui sévit dans l’espace Kasaï et dans la province du Nord-Kivu.
« J’ai été très préoccupé et je le suis encore, parce ce qui se passe dans le Kasaï. Il faut tout mettre en œuvre pour juguler cette violence qui a fait tellement des victimes innocentes », a déclaré M. Dieng. Le diplomate Onusien et le chef du gouvernement congolais ont planché notamment sur des mesures constructives qui pourraient être envisagées en faveur du retour effectif de la paix dans les provinces du Kasaï, touchées par la milice Kamwina Nsapu.
Très attaché à la paix, Bruno Tshibala a réitéré l’engagement de son gouvernement à tout faire pour contribuer de la manière la plus efficace à la pacification totale de la zone et à la lutte contre l’impunité. « Les crimes qui ont été commis dans le Kasaï ne doivent pas rester impunis », a dit Bruno Tshibala à son interlocuteur.
L’émissaire des Nations-Unies a invité les acteurs politiques à ne pas instrumentaliser les populations civiles à des fins électoralistes. Pour lui, la justice doit faire son travail mais le plus important à ce stade, a-t-il estimé, c’est de « regrouper tous les enfants du Congo pour que la paix revienne dans le Kasaï ».
La rencontre entre Burno Tshibala et Adama Dieng intervient au moment où le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté vendredi à Genève, une résolution qui demande au Haut-commissaire des droits de l’homme de désigner une équipe d’experts internationaux incluant des experts régionaux pour collecter les informations et déterminer les faits et les circonstances liés aux violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire dans les Kasaï. Une résolution saluée par le Conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU pour la prévention du Génocide. « Je me réjouis que le Conseil des droits de l’homme ait finalement adopté une résolution et qui est un texte consensuel c’est-à-dire un texte qui a respecté les points de vue des uns et des autres en ayant tout simplement le souci de faire éclater la vérité », a-t-il ajouté.
Pour rappel, aucune unanimité ne s’est dégagée hier à Genève pour l’envoi d’une commission d’enquête internationale au Kasaï. Les délégués de la RDC dans la capitale suisse ont demandé et obtenu la direction des investigations. Dans la résolution adoptée ce vendredi, le conseil demande au bureau du Haut-commissaire aux droits de l’homme de fournir l’assistance technique nécessaire au gouvernement congolais dans les investigations que mène ce dernier sur les allégations des violations des droits de l’homme et des abus commis dans l’espace Grand Kasaï.