Bruno Tshibala prend les clefs de la Primature

0

Bruno Tshibala prend les clefs de la Primature
C’est fait. Après un report de 48 heures, Samy Badibanga Ntita a cédé, au début de l’après-midi du jeudi 18 mai 2017, le bureau du Premier ministre à Bruno Aubert Tshibala Nzenzhe au cours d’une cérémonie plutôt sobre.
Peu après, dans une ambiance on ne peut plus chaleureuse, les ministres près le Premier ministre sortant, Fidel Tsingombay et entrant, Tshibangu kalala, ont également procédé à la remise et reprise. Le nouveau locataire du 5, avenue du Roi Baudouin, s’est fixé trois principaux objectifs: les élections, l’amélioration du social et la sécurité.
Qui est en fait Tshibala Nzenzhe ? Du haut de son mètre quatre vingt cinq, cet intellectuel rompu et révolutionnaire voit le jour le 20 février 1956, à Ngandajika, dans le Kasaï-Oriental.
Après des études primaires et secondaires à Lubumbashi, le jeune Bruno TSHIBALA est vite et même très vite envahi par la politique. Il doit désormais trouver de l’équilibre entre sa vie estudiantine et une carrière politique qu’il embrasse trop tôt.
La RD Congo, Zaïre d’alors, ploie déjà sous la dictature féroce du Marechal MOBUTU. Bruno TSHIBALA rejoint vite un cercle limité d’opposants, prêts à défier, au prix de leurs vies, la toute puissance de MOBUTU.
Début des années 80 et sous l’encadrement de ses ainés dont Etienne TSHISEKEDI, Joseph NGALULA, KIBASSA MALIBA, Anaclet KANANA, Bruno TSHIBALA participe aux premières actions de résistance en distribuant des tracts contre le régime de MOBUTU.
La répression du régime se fait de plus en plus violente et sanglante; mais pas question d’abandonner pour le jeune TSHIBALA qui s’accroche à son combat de voir venir la démocratie dans son pays et continue de fourbir ses armes, au coté d’Etienne TSHISEKEDI et ses compagnons.
En décembre 1980, Bruno TSHIBALA participe à la rédaction de la lettre dite de 52 pages de 13 parlementaires. Ces derniers sont condamnés et relégués dans leurs villages de naissance. Loin d’ébranler leur soif de liberté, cette relégation renforce davantage la lutte parce que trois mois plus tard, soit le 26 mars 1981, Etienne TSHISEKEDI, Joseph NGALULA, KIBASSA MALIBA, Anaclet KANANA, Bruno TSHIBALA lancent l’idée de créer un deuxième parti pour instaurer le bipartisme et s’opposer au monopartisme de l’époque avec le Mouvement Populaire de la Révolution, MPR, de MOBUTU.
Une idée qui se concrétise le 15 février 1982, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS, est créée. Pour des raisons stratégiques, Bruno TSHIBALA, n’étant pas parlementaire, n’appose pas sa signature, seuls les treize parlementaires signeront les statuts du parti.
Au sein du jeune parti politique, Bruno TSHIBALA se fait remarquer et gravit les échelons. Il est nommé premier Ambassadeur itinérant de l’UDPS et membre effectif du tout premier Directoire National du parti mis en place en septembre 1982.
L’UDPS se déploie alors sur le terrain et mène une lutte sans merci contre la dictature mobutienne qui ne traine à laisser transparaitre les premières fissures sur sa muraille fortifiée.
Fragilisé par la pression de l’opposition menée par TSHISEKEDI avec ses lieutenants dont Bruno TSHIBALA, le Marechal lâche des forces. A l’entrée 1990, le dictateur convoque la Conférence Nationale Souveraine, CNS. Bruno TSHIBALA est nommé Membre de la commission préparatoire de ces assises et dirigera la sous commission des biens Zairianisés.
Malmené de tout bord, MOBUTU change de tactique, la machine répressive se mue en une opération de débauchage pour fragiliser TSHISEKEDI et l’opposition. Inébranlable, Bruno TSHIBALA voit des personnalités comme BIRINDWA, NGUZ ou encore KIBASSA MALIBA céder aux sirènes du pouvoir. Fidèle et loyal, il reste dans la barque, attaché à son mentor Etienne TSHISEKEDI et accepte la disette pour défendre ses idéaux et ses valeurs.
En mai 1997, MOBUTU est balayé par une révolution armée menée l’AFDL de Mzee Laurent Désiré KABILA. Le nouveau pouvoir fait les yeux doux à Bruno TSHIBALA. Il ne capitule pas. Droit sur ses bottes, il traverse toutes les périodes difficiles politiques, toujours et encore, au coté de TSHISEKEDI.
Après les élections de 2011, Bruno TSHIBALA conseille et convainc Etienne TSHISEKEDI à accepter l’idée d’un dialogue politique. Il est désigné par le président de l’UDPS Chef de délégation de l’UDPS au pré dialogue avec la majorité au pouvoir.
En juin 2016, TSHISEKEDI convoque Genvall. Toute l’opposition se retrouve autour du sphinx de Limete et Bruno TSHIBALA joue là encore le premier rôle. Etienne TSHISEKEDI lui confie la tête du comité d’organisation et la modération de ce grand mess de l’opposition congolaise.
Au sortir de Genvall, le rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au changement voit le jour. La structure n’a que deux organes, le Conseil des Sages dirigé par Etienne TSHISEKEDI, lui même, et le porte parole confié à Bruno TSHIBALA.
Fort de cette union, le rassemblement convoque une grande marche le 19 et 20 septembre 2017 pour réclamer la convocation du corps électoral. En tête de file de cette marche, Bruno TSHIBALA est arrêté quelques jours seulement après et envoyé à la prison centrale de Makala. Il en sortira un mois plus tard avec un moral nullement entamé et toujours débout pour le combat.

Sous les bons offices des évêques catholiques, Bruno TSHIBALA voit un de ses combats s’est concrétisé, un dialogue politique s’ouvre et un accord est signé le 31 décembre 2016.
Le O1 février 2017, alors que tout le monde attend la signature des arrangements particuliers pour la mise en place de cet accord de la Saint Sylvestre, un tremblement de terre se produit, Etienne TSHISEKEDI décède d’une embolie pulmonaire à Bruxelles en Belgique. Bruno TSHIBALA s’effondre. L’homme perd non seulement son inspirateur mais aussi son père et mentor en politique.

L’onde de choc se ressens partout. Mais alors que le patriarche n’est pas encore mis en terre, Bruno Aubert TSHIBALA décèle un virus qui s’attaque à la dernière oeuvre de TSHISEKEDI.
Dans un jeu de cache cache hors paire et dans un cafouillage total, une restructuration cavalière du rassemblement s’opère. Visiblement, le pouvoir de l’argent et des personnes qui n ‘ont aucun engrange dans le Tshisekedisme sont passés par là.

Héritier logique et idéologique du patriarche TSHISEKEDI, Bruno TSHIBALA se lève contre cette forfaiture. Deux camps s’opposent alors au rassemblement; les Tshisekedistes qui se battent pour la mémoire et le combat d’Etienne TSHISEKEDI et les Katumbistes, gavés des billets de banque.

Fort heureusement, la raison va l’emporter. Au début du mois d’avril, après un constat d’échec de la médiation de la Cenco, Bruno TSHIBALA et son courant Tshisekediste sont reçus par le Président de la République qui tient à l’aboutissement du dialogue.
Quelques jours plus tard, Joseph KABILA jette son dévolu sur ce Tshisekediste né. Au nom de l’intérêt du peuple et pour la bonne cause, le mariage de circonstance est scellé entre les deux parties.
Le 07 avril 2017, Bruno Aubert TSHIBALA NZENZHE est nommé Premier Ministre et Chef du Gouvernement de la République Démocratique du Congo.
L’homme possède également une longue expérience professionnelle. Bruno Aubert TSHIBALA NZENZHE a longtemps travaillé comme Inspecteur au ministère de porte feuille et Expert détaché auprès du Programme des Nations Unies pour le Développement, PNUD.

Service de Presse et Communication de la Primature