Tournée des hôpitaux publics de Kinshasa Samy Badibanga palpe du doigt la réalité des formations médicales et libère des centaines d’enfants vulnérables et des femmes indigentes retenues dans les hôpitaux

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Le Premier ministre, Samy Badibanga Ntita, a démarré le vendredi 31 mars 2017 la première étape de sa descente dans 14 hôpitaux publics qu’il a ciblés dans la capitale. Cette descente sur terrain a commencé par les hôpitaux généraux de référence de Kintambo et de Kinshasa ainsi que la pédiatrie de Kalembe-Kalembe.

Badibanga qui avait annoncé lors de son discours d’investiture devant l’Assemblée nationale, la gratuité de la maternité et des soins de santé des enfants de 0 à 5 ans, a su palper du doigt la réalité dans des centres hospitaliers de référence de la place avant de mettre en exécution sa promesse. «C’est un processus à l’instar de la parité homme-femme», avait précisé le Premier ministre, le 8 mars dernier, en marge de cérémonie de célébration de la journée mondiale de la femme. Le premier pas a donc été la libération de quelque  231 enfants et  192 femmes retenus dans ces différents hôpitaux en procédant au paiement de 180 millions de FC.

Arrivé autour de 10 heures à la maternité de Kintambo, Samy Badibanga a été accueilli par des dizaines des jeunes des quartiers environnants venus l’acclamer. En compagnie de la ministre du Genre, Famille et Enfant, Mme Mwange, du ministre de la Santé, le Dr Oly Ilunga, du vice-ministre de l’Intérieur, Basile olongo, le Premier ministre Samy Badibanga effectue le tour de salles, notamment la maternité. A l’approche d’un lit, un bébé d’environ quatre mois profondément endormi lâche un sourire…de liberté. Lui et sa maman ont été retenus faute des frais de maternité depuis sa naissance. Le Premier ministre ne peut s’empêcher de prendre dans ses mains ce nourrisson plutôt vif, regard écarquillé. Père de famille, Samy Badibanga souffle un doux refrain des solfèges de berceur. La mignonne sourit. En moyenne, 150 bébés naissent chaque mois à Kintambo dont 19% par voie de césarienne.

C’est l’occasion pour le chef du gouvernement de palper du doigt la réalité de terrain. La maternité enregistre un taux de décès maternel de 0,3%, soit 300 morts pour 100.000 naissances, confie le médecin directeur Dr Emmanuel Kinkenda. La maternité de Kintambo a été conçue pour une capacité de 250 lits qui se trouve à ce jour réduite à 110 lits mais demeure, en termes de capacité d’accueil, seconde maternité du pays après l’ex-Mama Yemo. Elle a une superficie totale de 12.000m2 dont 1242 m2 de superficie bâtie. La maternité de Kintambo a, en effet, été construite, du temps de la colonisation belge, par la société Utexco qui deviendra ensuite Utexafrica pour assurer essentiellement les soins de santé à ses travailleurs. C’est grâce au financement du Fonds du Bien-être indigène que les travaux de construction du centre ont débuté en 1951 pour se terminer en 1952, année de la mise en service.

Sous une pluie d’ovations, le cortège du Premier ministre met le cap sur l’ex-Mama Yemo. L’ambiance monte d’un cran. Les doléances aussi. Le regards attentionné de Samy Badibanga témoigne de tout l’intérêt qu’il porte au bien-être du congolais. Clément Mbaki, médecin directeur ai de l’institution médicale, plaide pour la modernisation du principal hôpital de la capitale. Qui a 105 ans ! Les origines de l’actuel Hôpital provincial général de référence de Kinshasa remontent à l’année 1912 avec la construction d’un dispensaire général installé dans le bâtiment qui abrite la direction de la pharmacie de l’Hôpital. Sous l’initiative de Mme Necker, deux nouveaux bâtiments  furent construits en 1923 puis en 1926. C’est en ce moment que le dispensaire devenait un hôpital avec quatre pavillons abritant les services de médecine interne et une maternité avec une capacité combinée de 80 lits. L’hôpital s’appelait alors l’Hôpital Congolais parce qu’il ne dispensait des soins qu’aux Africains de la colonie. En visite au Congo-Belge en 1943, le ministre belge de la Colonie relève l’insuffisance d’accueil et accorde un crédit important pour la construction du pavillon 11 et ses annexes actuellement appelé «ancienne maternité». Durant  les années soixante-dix, l’alors Mama Yemo, du nom de la mère de l’ancien Chef de l’Etat, Mobutu Sese Seko, avait battu le record mondial de naissance, a-t-on appris. Ici aussi, de nombreuses femmes ayant accouché et des enfants de moins de 5 ans ont vu leurs frais d’hospitalisation payés par le gouvernement, ce qui leur a permis de retrouver leur famille.

Badibanga et son équipe remontent enfin à l’Hôpital Pédiatrique de Kalembe Lembe, dans la Commune de Lingwala. Le Premier ministre s’est rendu compte des difficultés qu’éprouve la pédiatrie faute des moyens financiers. Des difficultés qui assaillent également les patients. Dont cette femme retenue alors que son enfant a rendu l’âme depuis deux mois. Ou encore cette jeune fille-mère, 17 ans, avec son bébé de six mois retenus à la pédiatrie faute d’argent. L’hôpital se trouve ainsi enclavé, ce qui rend son extension en surface presque impossible. Sa superficie est de 6.000 m². Plusieurs travaux de construction et réhabilitation ont été effectués au courant de l’année 2009. L’hôpital Pédiatrique de Kalembe Lembe fut créé en 1948 par l’ancienne Croix-Rouge du Congo/Belge par décret du 14 mai 1926 du Roi des Belges, complété par l’ordonnance loi n°69/039 du 25 février 1969 portant approbation des statuts de la Croix-Rouge de la République Démocratique du Congo (R.D.C). A l’instar des hôpitaux du pays, l’Arrêté Ministériel n°DS-1250/024/80 du 05/08/1980, de la décision n°DS-CCE/024/80 du Conseil Exécutif du 16 février 1993, viendra accorder l’autonomie de gestion de l’Hôpital Pédiatrique de Kalembe Lembe.

C’est sous des vivats des patients, du personnel mais aussi de nombreux riverains venus vivre la visite du chef du gouvernement que s’est achevée la première partie de la tournée des hôpitaux de Kinshasa.